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ERENA Bordeaux
jeudi 23 avril 2026

Retour sur la conférence Stimulation cérébrale profonde, pour quelles maladies, avec quels enjeux ?

Un événement organisé le 21 avril dans le cadre des Etats Généraux de la Bioéthique 2026 et de la Semaine du Cerveau 2026.

Un grand merci aux 50 participants à cette rencontre !

Avec la stimulation cérébrale profonde (SCP) dans le traitement des mouvements anormaux et particulièrement de la maladie de Parkinson au cours des années 1980 et 1990, une fenêtre s’est entrouverte sur une nouvelle forme de psychochirurgie.

> Lire l'article du Professeur Bernard Bioulac sur la Stimulation Cérébrale Profonde

La soirée s’est déroulée en deux temps :

1 - La diffusion du documentaire "Nos vies avec Parkinson" (50 mn) réalisé par Joseph Coriat et Guillaume Leblond dans le cadre de l'émission "Enquête de santé", présentée par Marina Carrère d’Encausse avec Enora Malagré, diffusée sur France 5 un mardi par mois.

"Journaliste et auteur, Joseph Coriat a été diagnostiqué alors qu’il n’avait que 38 ans. Avec son expérience de la maladie, il part à la rencontre de malades de tous âges pour les questionner sur leurs vies avec Parkinson. Cathy, Sylvie, Valérie, Guillaume, Anthony et Bertrand sont les visages de la maladie. (...) Parkinson, ce sont des symptômes et des traitements lourds, mais c’est également la recherche qui progresse à grands pas et la neurochirurgie qui change la vie de certains malades. (...)" (source France TV pro)

2 - La diffusion a été suivie d'une discussion sur les enjeux de la stimulation cérébrale profonde avec :

- Bernard BIOULAC, Directeur honoraire de l'ERENA site Aquitain, directeur de l'ERENA Bordeaux de 2015 à 2021, directeur adjoint de l'ERENA de 2018 à 2021, professeur émérite à l'université de Bordeaux, membre de l'académie nationale de médecine.

- Joseph CORIAT, Réalisateur de "Nos vies avec Parkinson"

- Dominique GUEHL, Neurologue, chef de service neurophysiologie clinique de l'enfant et de l'adulte, Pôle neurosciences clinique du CHU de Bordeaux, chercheur à l’Institut des Maladies Neuro-dégénératives, CNRS, Université de Bordeaux

- Alexandra FOUBERT-SAMIER, Neurologue, praticienne hospitalière, cheffe adjointe du service de neurologie des maladies neurodégénératives, CHU de Bordeaux, coordinatrice du CENTRE EXPERT PARKINSON, chercheuse INSERM, Bordeaux Population Health Center, Université de Bordeaux

- François PELTIER, Patient

Alexandra FOUBERT-SAMIER a évoqué la place de la technologie Stimulation Cérébrale Profonde dans les thérapeutiques dans la maladie de Parkinson.

Dans la maladie de Parkinson, il y a un manque de dopamine qui altère le contrôle du mouvement volontaire ou automatique. Ce déficit dopaminergique est identifié depuis longtemps et des médicaments ont été développés afin de pallier à cette dégradation par différentes combinaisons.

Les premières années, les traitements permettent de bien contrôler les symptômes. Avec l’évolution de la maladie, les médicaments peuvent être moins efficaces et la personne fait face à des fluctuations motrices. Des traitements de seconde ligne peuvent alors être mises en place telles que la Stimulation Cérébrale Profonde ou les pompes à perfusion sous cutanée à apomorphine ou foslevodopa ou les pompes à perfusion continue à levodopa par sonde de gastrostomie

Dominique GUEHL a proposé un focus sur la Stimulation Cérébrale Profonde : cette technologie dont on parle depuis la fin des années 80 consiste à poser des électrodes de stimulation (3 à 5) dans le cerveau, dans le noyau sous-thalamique, qui est la cible de référence à l’heure actuelle (plusieurs autres sites sont possibles selon les symptômes des patients). La chirurgie se fait sous anesthésie locale afin de « tester » en direct l’électrode. Une fois l’électrode de stimulation efficace repérée pendant l’intervention chirurgicale, il y a la pose de l’électrode définitive.

Un neurostimulateur, qui ressemble à un pacemaker, est ensuite posé sous la peau au niveau de la clavicule pour adapter l’intensité du courant transmis à l’électrode.

L’enjeu face à un patient susceptible d’être implanté, c’est d’expliquer qu’on ne guérit pas cette maladie, et qu’il peut y avoir des effets secondaires, heureusement rares, tels que sur la parole ou la prise de poids. Cela n’empêche pas la progression de la maladie. De plus, les effets de la stimulation sont différents selon les patients.

La Stimulation Cérébrale Profonde peut en effet avoir des effets secondaires chez certains patients : elle peut modifier l’humeur, les émotions ou le comportement, provoquer de la prise de poids… ; des effets secondaires qui peuvent être atténués en modifiant l’intensité du courant. Cela reste une technologie très efficace sur les symptômes moteurs et aussi non-moteurs (ex. avec l’amélioration de la qualité du sommeil).

Un patient implanté a apporté son témoignage sur sa vie avec un implant cérébral : « la Stimulation Cérébrale Profonde a beaucoup régulé mes problèmes de tremblements, de sommeil, et aussi de perte de poids ; j’ai encore cependant des problèmes d’équilibre et d’élocution. Et cela m’a donné une espérance de vie plus longue. Je n’ai pas eu l’impression d’être augmenté par la SCP mais réparé »

En conclusion et perspective par le Pr Bernard BIOULAC :

Tous les nouveaux systèmes de stimulation cérébrale profonde ou d’implantation cérébrale qui se développent, type puce, doivent rester dans la réparation et ne pas aller vers les dérives de l’augmentation. Les dérives sont possibles, telles que les expérimentations d’Elon Musk.

D’autres maladies peuvent être concernées par la SCP, comme les troubles moteurs, tremblements et dystonies. Pour certaines formes de dépression, de TOC, de syndrome de Gilles de la Tourette, le recours à la SCP est possible, mais plus compliqué, car les zones du cerveau concernées sont toutes différentes. Les résultats commencent à être intéressants concernant le syndrome de Gilles de la Tourette. Concernant la dépression majeure sévère, les électrochocs ou électroconvulsivothérapie sous anesthésie générale restent des traitements efficaces.

Des innovations thérapeutiques sont à l’étude pour la maladie de Parkinson : avec l’exemple de travaux japonais sur des greffes de cellules embryonnaires qui ont montré des résultats encourageants.

 

Pour aller plus loin :

Les séances de l'Académie Nationale de Médecine - Séance dédiée du 3 mars 2026 : « Neurostimulation et pathologies du mouvement : où en est-on ? ». Organisation : Marie VIDAILHET et Bernard BIOULAC, mars 2026

Communiqué de l’Académie nationale de médecine : "Les implants cérébraux : espoir, mais vigilance", décembre 2023

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