L’ERENA site Aquitain est intervenu le 20 novembre à l’invitation de Madame Moureu, directrice, lors du CVS ouvert annuel de cet établissement du Taillan-Médoc.
Le Docteur Geneviève Pinganaud, médecin gériatre et membre de l’ERENA site Aquitain, a tout d’abord évoqué ce qu’est l’éthique et en quoi la démarche éthique permet d’avoir une réflexion collective autour de valeurs en tension.
Elle s'est appuyée en introduction sur les quatre principes de Childress et Beauchamp : l’autonomie, la bienfaisance, la non-malfaisance et la justice.
« Le bon soin est-il toujours celui qui protège, en dépit du désir d’autonomie du résident ? ».
"Quand la personne n’est plus capable de s’exprimer, comment recueillir sa volonté, son consentement ? Comment connaître ses attentes et ses besoins ?"
"On a tendance à confondre autonomie et dépendance. Une personne dépendante peut être toujours autonome, c’est-à-dire capable de se gouverner elle-même. L’autonomie est alors le contraire d’hétéronomie, quand les autres prennent des décisions à sa place. Le contraire de la dépendance est l’indépendance ; c’est être libre de ses choix et de ses mouvements, tout en tenant compte des contraintes extérieures."
Le Docteur Pinganaud a ensuite orienté la discussion autour du thème du CVS : « Mon proche doit-il tout savoir ? ».
« Est-ce que vous pensez que je dois tout à mon proche ? Que je peux tout lui dire ? Et que dire ? Comment le dire ? ». Une question d’autant plus présente quand le ou la résident.e a des troubles cognitifs.
« Mais demain, elle aura oublié ce que je lui aurai confié ! ».
« Que signifie « tout savoir » pour une personne avec des troubles cognitifs forts ? Le dialogue entre proches et soignants est primordial. La connaissance que le proche a de la personne accueillie, celle qu’elle était, celle qu’elle est devenue, couplée à l’expérience des soignants sur sa maladie, et aussi leur propre connaissance de la personne telle qu'elle est aujourd’hui, permettront d’approcher au plus de ce que veut le résident ou la résidente.
« Comment lui annoncer une mauvaise nouvelle, comme la mort de son frère ? »
« La mauvaise nouvelle, c’est une chose que l’on ne veut absolument pas dire et qu’on ne veut absolument pas entendre. L’important, c’est comment le dire avec quelle intention ? Et avec quelle conséquence pour la personne ? Pourquoi annoncer cette nouvelle, pour qui l’annoncer, et comment l’annoncer ? L'annonce d'une mauvaise nouvelle nécessite une réflexion au cas par cas, et elle peut être menée avec l’équipe de soin. »
« On dit qu’il n’y a qu’une seule façon de dire la vérité et plusieurs façons de mentir. Après l’éthique des conséquences, il s’agit ici d’éthique de la manière, d’éthique du "care", du "prendre soin". Les vérités s’annoncent progressivement et la compréhension sera aussi progressive. La discussion collective permet ce partage de connaissances et de compétences entre soignants et proches, avec la personne accueillie. »
Un moment de discussion et de partage riche en présence de membres du personnel, de familles de résident.e.s et d’une résidente.
Pour aller plus loin :
Connaître ses droits en EHPAD et en résidence autonomie, 2025 : www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr
Charte éthique et accompagnement grand âge, Espace Ethique Ile-de-France, 2021 : Consulter la charte
Avis « Enjeux éthiques du vieillissement » du Comité Consultatif National d'Ethique, 2018 : Consulter l'avis 128











