Colloque "La contention, entre liberté, sécurité et responsabilité, quels enjeux éthiques ?" - Vendredi 27 novembre 2026 à Pessac.
Ce colloque est proposé par l’Espace de Réflexion Ethique de Nouvelle-Aquitaine – ERENA site Aquitain, en collaboration avec l’IMS Académie CHU de Bordeaux.
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Le dictionnaire Larousse donne de la contention la définition suivante : « Procédé thérapeutique permettant d’immobiliser un membre, de comprimer des tissus ou de protéger un malade agité. ». La contention serait donc l’action de contenir quelque chose ou quelqu’un au moyen d’un procédé thérapeutique que l’on suppose physique et/ou chimique afin d’assurer une protection.
L’utilisation de la contention en tant que procédé thérapeutique en médecine renvoie au référentiel ANAES (Agence Nationale d'Accréditation et d'Évaluation en Santé)[1] qui l’explicite en ces termes : « La contention physique, dite passive, se caractérise par l'utilisation de tous moyens, méthodes, matériels ou vêtements qui empêchent ou limitent les capacités de mobilisation volontaire de tout ou d'une partie du corps dans le seul but d'obtenir de la sécurité pour une personne […] qui présente un comportement estimé dangereux ou mal adapté. »
La diversité des moyens et des techniques de contention physique est grande. Tout en détaillant les moyens, l’ANAES invite à surtout considérer la contention sous l'angle d’une politique des soins plutôt que sous celui du matériel utilisé et, au-delà du respect des recommandations de bonnes pratiques professionnelles, des questions se posent soulevant des tensions éthiques dans les situations de recours à la contention.
Si la contention à visée sécuritaire est une réalité dans la pratique soignante, peut-on vraiment considérer comme un soin un geste qui entrave la liberté d’aller et venir d’une personne ?
La contention à visée sécuritaire est envisagée dans les situations où la personne est dangereuse pour elle-même ou pour autrui : risques de chute, risques de déambulation précaire ou excessive, administration d’un soin, troubles du comportement. La prise en compte du principe d’autonomie s’efface alors devant l’enjeu de protection et de sécurité : le principe de bienfaisance prend le pas jusqu’à même entrer en conflit avec celui de non-malfaisance.
La mise en place d’une contention à visée sécuritaire interroge la pratique soignante : face aux conflits de valeurs (respect de la dignité, humanité, justice) et à l’affrontement de logiques (logique de choix chez une personne dont les facultés de discernement sont altérées et logique de soin pouvant évoluer de la nécessité d’assurer une protection à une dérive sécuritaire), comment puis-je encore m’estimer être un bon soignant ? Et comment maintenir une relation de confiance avec la personne soignée ou accompagnée ?
Face à ce dilemme, que et comment décider ? C’est là que la formalisation du questionnement éthique dans la cadre d’une réunion pluriprofessionnelle prend tout son sens : décider en toute responsabilité après avoir contextualiser la situation (parcours et lieu de vie de la personne, degré d’information et position des proches, revue des options alternatives) et au décours d’une analyse bénéfices/risques. Comment construire une décision partagée dans une perspective de recours à la contention ? Comment trouver le juste équilibre entre une responsabilité fortement marquée par le principe de précaution et une responsabilité comprenant une certaine part de risque ? Dans une société théorisant à la fois le « zéro contention » et le « zéro risque », comment mettre en application une telle décision ?
Le déroulé de cette problématique souligne également la nécessité d’inclure la réflexion éthique tant dans la formation initiale des soignants que dans leur formation continue.
[1] ANAES (Agence Nationale d'Accréditation et d'Évaluation en Santé), Évaluation des pratiques professionnelles dans les établissements de santé, Limiter les risques de la contention physique de la personne âgée, Octobre 2020
Nous souhaitons enrichir cette réflexion sur la contention dans le soin et l’accompagnement par des interventions de professionnels d’établissements, associations et structures sanitaires, médico-sociaux et sociaux en Nouvelle-Aquitaine qui ont pu travailler sur ce thème :
- dans le cadre d’une saisine de leur comité d’éthique ou d’une instance comme une Commission des Usagers ou un Conseil de Vie Social,
- lors d’un travail réflexif et pluridisciplinaire, intégrant ou non des usagers.
Nous sélectionnerons 4 communications, pour une intervention de 15 mn suivie d’un échange avec la salle.
Ces propositions comprendront :
- le titre de la communication
- la liste des auteurs
- le nom de l’orateur et son mail, fonction ou statut
- l’établissement de rattachement
- un résumé de la communication (400 mots)
- Et toute autre information que vous jugerez utile.
Ces communications sont à nous envoyer pour le 10 juillet 2026.
Contact : erena.bordeaux[@]chu-bordeaux.fr











